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Une introduction aux normes LMS

Une introduction aux normes LMS

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles vous pouvez être amené à chercher des informations sur les différentes normes des plateformes de formation en ligne (ou LMS). Vous voulez peut-être vérifier que le LMS que vous avez choisi est compatible avec les outils auteur que vous utilisez ? Ou peut-être essayez-vous simplement d’y voir plus clair dans tout ce jargon et que vous êtes à la recherche d’explications simples !

Mais peu importe ce qui vous a amené ici, vous êtes au bon endroit. Cet article a pour but de vous aider à comprendre les différentes normes LMS et de vous montrer pourquoi ces normes sont si importantes. Si l’on veut en savoir plus sur les LMS, leurs standards, normes et fonctionnements, difficile de faire l’impasse sur une brève histoire du e-learning et sur quelques sigles et acronymes à l’air obscurs. Mais ne vous inquiétez pas, cet article est là pour vous guider !

Vous êtes prêt ? Allons-y !

Quelles sont les normes LMS et pourquoi sont-elles essentielles ?

D’une manière générale, une norme est une façon convenue de faire quelque chose. Les normes peuvent être générales, spécifiques ou les deux. Par exemple, sur votre lieu de travail, il y a sans doute des normes de sécurité à suivre. Cela peut comprendre par exemple, la marche à suivre pour signaler un danger potentiel aussi bien que les mesures plus générales mises en place pour minimiser les risques de blessure.

Alors, à quoi servent les normes dans l’univers des LMS ? Eh bien, tout comme vous et votre organisation devez utiliser le même langage pour définir ce qui est ou non un risque en matière de sécurité, vos modules e-learning et votre LMS doivent avoir la même norme, c’est-à-dire un « langage » commun pour communiquer entre eux. Si le LMS et vos modules peuvent communiquer, cela permet à vos modules d’envoyer des informations au LMS pour que les progrès des apprenants ou leur score à un quiz puissent être enregistrés.

La mise en place de normes permet également de garantir que, quel que soit l’outil auteur ou le LMS que vous utilisez, les informations pourront toujours circuler entre les deux, tant que les deux utilisent la même norme.

Dans le monde du e-learning, il existe trois normes courantes et une nouvelle norme dont vous avez peut-être entendu parler. Regardons chacune d’entre elle plus précisément.

AICC

L’ancêtre des normes LMS, l’AICC (qui signifie « Aviation Industry Computer-Based Training Committee »,) a été créé en 1988 pour garantir que la formation dans l’aviation puisse être créée, délivrée et évaluée sur les différentes plateformes informatiques. Réservées au départ au seul secteur aéronautique, les spécifications de l’AICC sont ensuite devenues le standard pour d’autres secteurs.

L’AICC a été dissout en 2014 en raison de la baisse du nombre d’utilisateurs et de l’arrivée de nouvelles normes LMS. Bien que la norme n’évolue plus, il est encore assez fréquent de travailler avec des outils auteur et des LMS conformes à l’AICC. De nombreuses entreprises ont des contenus de formation qui ont été initialement publiés avec la norme AICC, elles ont donc besoin de plateformes LMS qui leur permettent d’héberger ce contenu et des outils auteur adaptés pour le mettre à jour.

Avant sa dissolution, le comité de l’AICC travaillait sur une nouvelle norme appelée cmi5, dont je vous reparlerai en fin d’article.

SCORM

SCORM, acronyme de Shareable Content Object Reference Model, est une norme LMS créée en 2001. Même si elle n’est pas récente, c’est toujours une des normes de référence du secteur. La norme SCORM, avec ses versions successives, a grandement contribué au développement et à l’adoption du e-learning.

Cependant, comme nous l’avons vu avec l’AICC, les normes doivent évoluer activement pour s’adapter aux constantes évolutions technologiques, aux défis liés au développement du cloud computing et à la prolifération des appareils mobiles.

SCORM spécifie comment les modules et les LMS devraient communiquer, mais il le fait d’une manière qui est un peu dépassée par ces nouvelles pratiques informatiques. En outre, le « langage » SCORM défini pour la communication entre un module et un LMS a un vocabulaire limité (et, certains diraient, daté) et ne peut transmettre que des infos de type « complet / incomplet » ou un score de quiz. Ce sont ces limitations qui ont donné lieu à la création et au succès de Tin Can API (également connue sous le nom d’Experience API ou xAPI).

xAPI

Lorsque xAPI est sorti en 2013, il a été annoncé comme le successeur de SCORM. SCORM est une norme complexe à mettre en œuvre, alors que xAPI permet de définir plus simplement comment les informations doivent être transmises et stockées.

Contrairement à SCORM, dont le concept repose sur la standardisation des échanges entre un module et un LMS, xAPI permet aux développeurs d’envoyer un large éventail de données depuis d’autres plateformes, comme des appli mobiles ou des logiciels d’entreprise (par exemple, une appli de gestion de talents ou un logiciel de centre d’assistance). Avec xAPI, la communication n’est plus limitée aux échanges entre modules et LMS.

En construisant les instructions xAPI (article en anglais) dans un format sujet-verbe-complément (par exemple, « Stephane a envoyé une feuille de temps ») et en implémentant une base de données spéciale appelée LRS (Learning Record Store), les développeurs e-learning étaient capables de suivre une plus large gamme d’activités et d’expériences.

Les développeurs ont soudainement eu beaucoup plus de choix et de liberté dans le type d’informations qu’ils pouvaient envoyer et collecter. Mais bien que xAPI ait permis la collecte et l’analyse de données plus significatives et plus axées vers la performance, cette liberté amène quelques problèmes.

En effet, si SCORM est trop limité et ne laisse que peu de choix pour suivre l’activité des apprenants, xAPI permet de tracer et de suivre n’importe quelle action tant que la forme de l’instruction sujet-verbe-complément est respectée. Mais si cela est très séduisant théoriquement, dans la pratique, les développeurs se sont retrouvés à devoir gérer des tas de données, dont la plupart n’étaient pas exploitables.

Et, comme xAPI est une norme issue du secteur e-learning, de nombreux fournisseurs de logiciels d’entreprise n’ont pas encore adopté cette norme et n’en n’ont même jamais entendu parler. C’est pourquoi les développeurs e-learning ont souvent besoin de l’aide du département informatique pour implémenter complètement la norme xAPI.

cmi5

Cmi5 est la norme LMS la plus récente, publiée par ADL après la dissolution de l’AICC.

Cmi5 a été décrit par certains comme « xAPI, mais avec des règles », c’est à dire que comme xAPI, cmi5 a une structure sujet-verbe-complément mais comme SCORM, le nombre de verbes utilisables dans les instructions est limité.

Ce standard définit comment le LMS et le contenu de votre module doivent communiquer avec un LRS. En plus des instructions xAPI que les développeurs peuvent définir eux-mêmes, cmi5 spécifie un ensemble de verbes pour la structure sujet-verbe-complément de xAPI. Ces verbes sont:

  • Lancé
  • Initialisé
  • Terminé
  • Réussi
  • Effectué
  • Échoué
  • Abandonné
  • Renoncé
  • Rempli

En savoir plus

Dans le monde des normes LMS, l’évolution est constante pour trouver le meilleur moyen de suivre les actions des apprenants sans compliquer le travail des développeurs et tout en suivant les avancées technologiques et les usages informatiques !

Alors, si AICC est trop vieux, que SCORM est trop lourd, et que xAPI manque de cadre, cela signifie-t-il que cmi5 serait le plus adapté ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais il est bon de savoir que notre secteur d’activité se développe sans cesse et tend à l’amélioration. Pendant près de trente ans, les spécialistes et les théoriciens de la formation ont travaillé dur pour créer et adapter des normes et fournir les bons outils aux développeurs qui aident, chaque jour, leurs organisations à suivre le rythme des apprenants d’aujourd’hui.

S’il y a d’autres normes LMS que vous utilisez ou sur lesquelles vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à en parler dans les commentaires ci-dessous. Et n’oubliez pas de nous suivre sur Twitter et de vous abonner au blog pour plus de conseils et d’astuces e-learning.

Community Manager International chez Articulate et experte e-learning passionnée possédant des années d’expérience dans la création de modules e-learning efficaces.

11 commentaires

  1. chris ll y a 5 mois

    merci pour cet eclairage!!
    il est vrai que scorm est une norme tres contraignante que meme des specialiste du developpement d application et de html5 on du mal a comprendre et a integrer lorsqu ils ne viennent pas du milieu du e learning. un bel avenir encore pour les logiciels auteurs ! 😉

  2. Sylvain ll y a 4 mois

    Bonjour et très intéressant article sur les normes LMS et leur intérêt,

    Travaillant sur un projet de LMS avec un client s’étant doté de licences Articulate Storyline 3, je m’interroge actuellement sur les efforts que mettent les éditeurs d’outil-auteur à respecter ces normes.

    Pour exemple, mon client a réalisé deux premiers modules avec Articulate Storyline 3, selon sa compréhension de l’outil, et content de la simplicité à réaliser ses séquences interactives avec cette solution très graphique. Nous avons retenu ensemble le LMS Chamilo pour monter un prototype de plateforme, et lorsqu’il a fallu intégrer les exports SCORM 1.2 de ces 2 modules, le LMS n’a pas su les intégrer pour le suivi des parcours.

    D’autres essais avec d’autres sources SCORM 1.2 (Non articulate) ont permis de vérifier que Chamilo avait été correctement déployé.
    D’autres essais d’autres sources encore SCORM 1.2 (Non articulate) ont révélé que d’autres outils-auteurs pouvaient aussi produire dans ce format des modules non compatibles avec le LMS.
    Et sans m’étendre sur tous ces essais, l’import de modules Articulate au format SCORM 1.2 dans d’autres outils-auteurs, comme MOS-Solo pour ne citer que le plus populaire des libres, a abouti à des messages plus catégoriques « Format de données SCORM invalides ».

    Loin de chercher une assistance technique à travers ce commentaire, je m’interroge surtout sur l’intérêt réel qu’ont les éditeurs d’outils-auteurs à respecter les normes LMS… n’ont-ils pas plus d’intérêt à produire des formats compatibles avec leur propre solution LMS ou celle de partenaires ?

    S’il y a d’autres points de vue sur cette question des normes…

    Je vais pour ma part continuer de creuser entre un LMS et un outil-auteur qui offrent une compatibilité évidente, tout en satisfaisant les concepteurs de formation !

    Bien à vous,
    Sylvain

    • Auteur
      Allison LaMotte ll y a 4 mois

      Bonjour Sylvain,

      Je comprends pourquoi vous êtes arrivé à la conclusion que le problème vient du module après l’avoir testé sur deux LMS différent, mais la réalité est que beaucoup de LMS se disent compatible SCORM, mais ils ne le sont pas vraiment. Ils ont créé leur LMS pour fonctionner avec les publications des outils auteurs les plus courants. Mais du coup, s’il y a des nouveaux outils ou des mises à jours, ces formats peuvent changer. Et même si ces formats sont peut être, eux, compatible SCORM, ces LMS ne peuvent donc plus les lire.

      Bref, je vous conseille de tester ces modules sur SCORM cloud pour avoir le coeur net sur l’origine du problème. C’est le standard en LMS aujourd’hui donc on l’utilise pour déterminer si le problème vient du module ou du LMS.

      Voici le lien pour créer un compte gratuitement : https://cloud.scorm.com/sc/guest/SignUpForm

      Et voici un article (en anglais) qui explique la procédure à suivre pour tester le module : https://community.articulate.com/articles/how-to-troubleshoot-your-lms-with-scorm-cloud

      En gros, si le module fonctionne sans problème sur SCORM Cloud, le problème vient du LMS. Si le module rencontre le même problème sur SCORM Cloud que sur Syfadis, le problème vient du module.

      Si le problème vient du module, il faudrait envoyer les fichiers sources et à notre équipe de support en leur expliquant le problème pour qu’ils puissent vous aider à le résoudre. Si le problème vient du LMS, il faudrait contacter votre fournisseur LMS pour essayer de le résoudre.

      J’espère que ça répond à votre question ! N’hésitez pas à revenir vers moi si besoin.

    • Rudy ll y a 4 mois

      Bonjour Sylvain, je rebondis sur le sujet de Allison fort intéressant et qui nous intéresse au plus au point en tant que développeurs principaux de Chamilo LMS et fournisseur officiel. Au niveau des version Scorm, Chamilo supporte très bien Scorm 1.2 mais pas la version 2004, mais il y a peu de différences entre les deux et nous préconisons l’utilisation de la 1.2. Nous espérons bientôt intégrer le format xAPI mais vous le savez Chamilo est un LMS OpenSource gratuit et nous contribuons à son développement en reversant une partie des bénéfices engendrés par nos activités de services (hébergement, support technique, développement spécifique à la demande, personnalisation, optimisation…) donc c’est un petit peu plus lent (mais qualitativement ce sera nettement plus adapté et performant que sur une solution propriétaire…) au niveau du financement et du développement, sauf si une organisation souhaite financer ce développement et en faire bénéficier la communauté d’utilisateurs…Vous pouvez donc si vous le souhaitez me contacter (rudy.willems@beeznest.com) pour me soumettre les problèmes que vous rencontrez avec votre portail Chamilo et je pourrais m’entretenir avec notre chef de projet à ce sujet pour vous proposer les solutions adéquates. Bonne continuation avec votre projet. (https://beeznest.com/fr)

  3. Catherine ll y a 4 mois

    Merci Allison, ce nouvel article que tu nous adresses va intéresser beaucoup d’autres curieux sur la question, c’est sûr. Déjà 5 commentaires en deux jours. En plus de tes éclairages techniques et fonctionnels, j’ai beaucoup apprécié la mise en contexte du début et aussi, à la fin, ton clin d’œil aux prédécesseurs « Pendant près de trente ans, les spécialistes et les théoriciens de la formation ont travaillé dur pour créer et adapter des normes et fournir les bons outils aux développeurs ». Cette mise en relief donnera à réfléchir. Oui, n’oublions pas les anciens.
    Quant à la question de la compatibilité (qui ne connaît pas l’éternel estampille « compatible SCORM » ?), c’est là que de l’encre reste à verser, quelle que soit la norme, pour éviter les écueils. Je suis impatiente de voir les prochains commentaires et reviendrait participer si je peux aider. Mais les avis des développeurs sont les plus attendus. Oyez, oyez !
    Meilleurs vœux pour 2018.💃🕺🤔

    • Catherine ll y a 4 mois

      ERRATA : lire « l’éternelle mention » (à la place de « l’éternelle estampille »). ☺

      • Auteur
        Allison LaMotte ll y a 4 mois

        Merci pour ce commentaire, Catherine ! Et bonne année à vous également 🙂

  4. Sylvain ll y a 4 mois

    Merci à toutes (et à tous) pour ces précisions techniques et ces éclaircissements sur la démarche à avoir. Je vais de ce pas « benchmarker » nos modules sauce SCORM avec le cloud référent en la matière… pour faire la lumière sur cette affaire (et le cas échéant ennuyer le support Articulate avec nos ennuis). Je ne manquerai pas non plus d’entrer en contact avec l’équipe Chamilo Beeznest en avançant dans la mise en place du serveur.

    Loin de moi l’idée de jeter le discrédit sur les éditeurs propriétaires… et de leur prêter des intentions fourbes et mercantiles. Selon l’avis que je me faisais du monde des LMS et outils auteurs, c’est qu’il était à destination d’utilisateurs loin des préoccupations des développeurs et autres administrateurs techniques, et que la norme (sans être une divinité, ni un frein aux évolutions des formats) garantissait un tronc commun de communication des propriétés au fil du temps (autrement dit une compatibilité ascendante)… ainsi si un vieux LMS sans mise à jour récente essayait d’intégrer des modules fraîchement sortis d’un outil auteur plein de fonctionnalités avancées, il ne pourrait en décrypter qu’un faible contenu mais ne resterait pas sur le carreau !

    Bouh, fort heureusement ce monde de compatibilités reste la chasse gardée des professionnels de l’informatique.

    A très bientôt,

    • Auteur
      Allison LaMotte ll y a 4 mois

      Bonjour Sylvain,
      Oui, effet le but de ces normes est de garantir la compatabilité mais malheureusement certains éditeurs disent les respecter, alors que non. :/ Et bien souvent, le client ne se rend compte de ça qu’une fois que c’est trop tard.

      Tenez-nous au courant de votre benchmarking ! 🙂 Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas.

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