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Qu’est-ce que l’empathie, pourquoi s’y intéresser et comment la développer

Qu’est-ce que l’empathie, pourquoi s’y intéresser et comment la développer

L’empathie. Sans elle, vous aurez du mal à comprendre vos apprenants – ce qu’ils font, ce qu’ils voient, ce qu’ils entendent et expérimentent. Vous ne pourrez pas non plus comprendre comment nouer des partenariats efficaces avec des parties prenantes, des experts métiers ou des collègues concepteurs pour gérer vos projets. Sans compréhension ni collaboration, vous ne pouvez pas vraiment concevoir de solutions efficaces. Et si vous ne pouvez pas concevoir des choses qui fonctionnent réellement, à quoi sert-il de concevoir quoi que ce soit ?

Fondamentalement, l’empathie est une compétence interpersonnelle. C’est la capacité d’être en relation avec les autres, d’être bienveillant et compatissant. Cela nécessite une certaine quantité d’intelligence émotionnelle, c’est-à-dire la capacité de lire les états mentaux et émotionnels des autres. Pour les concepteurs, on pourrait dire que l’empathie est un peu un superpouvoir – un cadeau et une malédiction à la fois, car elle vous donne la capacité de vous connecter émotionnellement avec les autres, mais son utilisation peut également épuiser vos propres réserves d’énergie émotionnelle.

À la différence des compétences en conception, l’empathie est souvent négligée. Lorsque l’on se demande si quelqu’un est apte à concevoir du matériel pédagogique ou à travailler dans le e-learning, on a tendance à mettre l’accent sur les compétences techniques, la connaissance du sujet traité ou l’expérience dans le domaine de la formation. Il est rare que l’empathie entre en jeu lors des discussions autour de la capacité à résoudre des problèmes – et ces discussions se concentrent généralement davantage sur les résultats que sur la route à suivre.

Maintenant que vous comprenez pourquoi l’empathie est une compétence essentielle pour les professionnels du e-learning, j’aimerais parler plus précisément de la façon dont vous pouvez évaluer votre capacité à faire preuve d’empathie avec les autres – et de ce que vous pouvez faire à ce sujet si vous en manquez.

Les signes qui montrent que vous manquez d’empathie 

Manquer d’empathie semble être une chose assez terrible. Après tout, à moins d’être narcissique, tout le monde sait comment se soucier des autres, non ? C’est ce que font les personnes attentionnées ?

Pas si vite ! Avant de commencer à juger, reconnaissons la vraie raison pour laquelle être empathique n’est pas évident pour tout le monde : c’est épuisant. Nous ne faisons pas l’expérience de l’empathie de la même manière. Être empathique est plus facile pour certains que pour d’autres. Un certain nombre de facteurs peuvent influer sur votre capacité à être empathique. Manquer d’empathie ne signifie pas toujours que vous êtes psychologiquement perturbé ou moralement faible.

Alors, quels sont les signes que vous n’éprouvez pas ou peu d’empathie pour les autres ? Et comment savoir si un manque d’empathie a une incidence sur votre travail ? Voici six signes à observer.

  1. Vous avez du mal à vous mettre à la place des autres. Les personnes empathiques ont tendance à se mettre facilement dans la peau des autres. Être capable de faire cela rend certains concepteurs très compétents dans leur travail. Mais si imaginer ce que ressentent les autres vous semble étrange ou vous demande beaucoup d’efforts, cela peut vouloir dire que votre capacité à faire preuve d’empathie se situe dans la partie inférieure du spectre.
  2. Vous vous retrouvez toujours à gérer les mêmes problèmes de communication. Vous êtes-vous déjà dit Je pense être plutôt bon dans ce que je fais mais pourquoi personne ne m’écoute ?
    Chaque fois que vous rencontrez les mêmes problèmes de communication encore et encore dans vos relations, que ce soit au travail ou dans votre vie privée, c’est généralement le signe que le problème vient de vous. Les problèmes de communication viennent souvent d’une difficulté à interpréter correctement les émotions des autres ou d’une incapacité à voir les choses du point de vue des autres.
  3. Vous trouvez que les autres sont trop sensibles. Si vos collègues critiquent votre sens de l’humour atypique ou si vous avez été repris pour avoir tenu des propos durs, vous vous dites peut-être que les autres ont des réactions exagérées ou qu’ils sont trop politiquement corrects. Mais la vérité est que vous n’êtes probablement pas au fait des normes sociales de votre lieu de travail et c’est un autre indicateur d’un problème d’empathie.
  4. Vous êtes ennuyé lorsque vous devez savoir ce que les autres ressentent. Voici un exemple : une experte métier vous envoie des diapositives pour un projet. Vous lui dites que vous aurez besoin de plus de temps que prévu, car vous devez réécrire tout ce qu’elle vous a envoyé. Elle vous demande pourquoi et vous lui répondait que les diapos sont pleines de fautes d’orthographe et de grammaire. Plus tard, elle vous explique qu’elle s’est sentie stupide et honteuse et vous perdez du temps à arranger les choses avec elle.Une incapacité à apprécier les émotions des autres, les positives comme les négatives, peut vous faire paraître distant, hautain voire même grossier, ce qui fait que certaines personnes auront du mal à vous faire confiance ou à s’ouvrir à vous.
  5. Vous êtes vu au travail comme quelqu’un qui dit les choses telles qu’elles sont. Même si vous vous considérez comme indépendant, sérieux ou franc, les autres vous voient peut-être comme quelqu’un qui ne sait pas jouer collectif.
    Les personnes qui manquent d’empathie sont souvent décrites comme ayant peu de conscience d’elles-mêmes, comme étant autoritaires et manquant de subtilité. Elles ne comprennent pas ce que leurs paroles et leurs actions ont un effet sur les autres.
  6. Vos parents n’étaient pas très empathiques. Je sais ! On dirait que nous sommes sur le point de nous en prendre à vos parents, mais c’est un fait : il existe des recherches sur les neurones miroirs, un type de cellule cérébrale spécialisée, qui suggère qu’une grande partie de notre apprentissage dès l’enfance se fait à partir de l’observation et de l’imitation de la façon dont nos parents interagissent avec les autres. L’empathie serait l’une des compétences précoces que nous acquérons lorsqu’elle nous en avons des exemples au quotidien.

    Si vous n’avez pas été élevé dans un environnement où les adultes ont fait preuve d’empathie, cela pourrait vous désavantager un peu, et vous aurez besoin d’un peu d’aide pour développer consciemment vos compétences en empathie à l’âge adulte.

Vous reconnaissez-vous dans plusieurs de ces signes ? Si oui, n’oubliez pas que vous n’avez probablement pas choisi de manquer d’empathie. Parfois, notre cerveau nous empêche d’intégrer les sentiments des autres, surtout si l’on travaille dans un environnement où l’engagement émotionnel n’est ni valorisé ni soutenu (pensez aux forces de l’ordre…). Ou peut-être vous êtes-vous senti submergé par l’intensité de vos émotions dans votre environnement de travail (dans le domaine médical, les soins palliatifs, etc.). Nous sommes en permanence les spectateurs des histoires et des expériences des autres, que ce soit au travail, à la maison ou via les réseaux sociaux. Il n’est donc pas étonnant que beaucoup d’entre nous ressentent un certain épuisement émotionnel.

Quels que soient les facteurs qui influent sur votre capacité d’empathie, il existe des stratégies que vous pouvez adopter pour développer vos compétences d’empathie. Voyons de plus près certaines d’entre elles.

Stratégies pour développer l’empathie 

Vous pensez avoir un problème d’empathie ? Vous ne savez pas comment développer cette capacité ? Voici quelques stratégies pour vous aider. 

  • Demandez l’avis des autres et écoutez-les. La conscience de soi est essentielle pour résoudre les problèmes de performance. Commencez à développer votre conscience de soi en demandant l’avis d’autres personnes, soit de manière formelle (lors d’un entretien avec votre patron) soit de manière informelle (pendant une conversation au déjeuner avec un collègue). Demander ces avis peut vous aider à identifier quelles sont les normes sociales de votre lieu de travail et peut mettre en évidence certains de vos comportements qui ont compromis vos relations de travail ou ont eu un impact négatif sur votre travail.

    L’essentiel à retenir ici est que vous devez être ouvert d’esprit. Pour que cet exercice en vaille la peine, vous devez plus écouter que parler. Mettez de côté vos idées préconçues sur comment doit se dérouler la conversation. Évitez de chercher en permanence des excuses pour vous défendre, et écoutez simplement. Quand il s’agit de travailler avec les autres, ce que l’on perçoit est la réalité, donc concentrez-vous pour écouter leurs retours, qu’ils soient bons ou mauvais, intégrez-les et acceptez-les pour améliorer votre développement personnel et professionnel.
  • Acceptez que vos mots et vos actions ont du pouvoir. Les personnes qui manquent d’empathie ont tendance à avoir du mal à communiquer. Ils semblent oublier que leurs paroles et leurs actions ont un impact direct sur les sentiments des autres. Même des choses simples, comme la manière dont vous définissez le périmètre d’une tâche, peuvent faire toute la différence : suivant comment vous vous exprimez peut faire qu’une personne se sente stupide ou au contraire vous pouvez gagner son adhésion.

    Si vous avez conscience de souvent parler trop vite, essayez plutôt de vous concentrer sur ce que vous voulez que les gens ressentent. Par exemple, vous voulez motiver quelqu’un ? Réfléchissez à la façon dont vous pouvez reformuler votre message pour qu’il soit plus inspirant. Voulez-vous emporter l’adhésion ? Utilisez un langage plus persuasif.
  • Écoutez pour comprendre. Les personnes qui manquent d’empathie ont tendance à interrompre les autres ou à essayer de dominer la conversation. Cela pose évidemment problème pour les concepteurs dont le travail dépend en grande partie de leur capacité à écouter et à laisser les autres parler.

    Au lieu d’aborder une réunion de projet ou une discussion avec une partie prenante comme l’opportunité d’affirmer votre expertise et d’être entendu, considérez cela plutôt comme l’opportunité d’écouter et d’apprendre. Au lieu d’anticiper les mots des autres et de penser au prochain moment où vous allez pouvoir vous exprimer, concentrez-vous sur le contenu énoncé par les autres, et ralentissez. Prenez des notes et posez des questions pour vous assurer que vous avez bien compris le point de vue des autres avant de vous lancer dans l’échange.
  • Étendez votre réseau. En vous entourant de personnes venant de tous horizons et ayant des points de vue variés, vous accéderez plus facilement à la compréhension de l’autre et à l’empathie.
    Mais comment élargir son cercle relationnel pour rencontrer de nouvelles personnes ? Une astuce consiste à vous rapprocher des « connecteurs » que vous connaissez. Qu’est-ce qu’un connecteur ? C’est une personnes qui a beaucoup d’amis ou qui semble toujours être au centre d’un groupe lors d’événements. Les connecteurs sont généralement des personnes ouvertes et amicales, faciles à rencontrer. Même si cela peut être difficile, sortez de votre isolement et gardez à l’esprit que les connecteurs aiment généralement être très entourés et ne cherchent pas forcément d’amitié profonde et durable, ils aiment simplement connecter des personnes et veulent vous ajouter à leur réseau de connaissances.

    Vous ne connaissez pas de connecteurs ? Consultez en ligne les groupes sur LinkedIn ou les contributeurs actifs sur Twitter. Une autre option : consultez les rencontres locales (comme les meetups), les groupes d’utilisateurs ou les événements professionnels où vous pouvez rencontrer et apprendre à élargir votre horizon.

Le mot de la fin

Si vous sentez que votre carrière est au point mort ou si vous voulez simplement réfléchir à votre avenir, il est toujours intéressant de faire une pause et de réfléchir à vos objectifs et à ce qui vous empêche de les atteindre. Je suis la première à l’admettre : il n’est pas toujours facile d’être honnête avec soi-même et d’analyser ses forces et ses faiblesses. Mais c’est toujours du temps bien employé.

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