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Principe de cohérence : supprimer du matériel pour améliorer l’apprentissage

Principe de cohérence : supprimer du matériel pour améliorer l’apprentissage

Lors de la conception du matériel pédagogique, il est important de trouver l’équilibre entre les règles qui ont prouvé leur efficacité pour améliorer l’apprentissage, et notre intuition que nous développons à partir de nos expériences.

Aujourd’hui, je voudrais vous donner quelques conseils pour les fois où votre intuition (ou celle de votre client) vous pousse à rendre plus amusant un sujet sérieux ou que vous êtes tenté d’ajouter des éléments divertissants à votre contenu pédagogique. Bien que cela puisse vous sembler une bonne idée, vous devez vous demander quel impact cela aura sur l’efficacité de votre module.

* Moreno & Mayer 2000

Le principe de cohérence de Richard Mayer nous dit que l’ajout d’éléments intéressants ou divertissants mais sans rapport avec l’objectif pédagogique gêne l’apprentissage.

En effet, Mayer et ses collègues pensent que ces détails peuvent interférer avec l’apprentissage de plusieurs manières :

  1. En détournant l’attention de l’apprenant des points clés,
  2. En empêchant l’apprenant d’organiser les informations reçues en modèle mental cohérent,
  3. En activant des connaissances antérieures non pertinentes.

Regardons maintenant un exemple propre au e-learning. Disons que vous devez créer une diapositive qui identifie les différentes parties d’une fleur pour des étudiants en biologie.

Bien qu’une diapositive comme celle-ci soit factuellement correcte, essayons de l’améliorer en suivant les principes de Mayer. En remplaçant le visuel purement décoratif par un visuel qui répond mieux à l’objectif d’apprentissage, on peut réduire considérablement la quantité de texte sur la diapositive. C’est beaucoup plus efficace pour attirer l’attention de l’apprenant sur les informations importantes. Voyez la différence :

En bref, il faut mieux en faire moins que trop. L’ajout gratuit de médias peut nuire à l’apprentissage, alors réfléchissez bien à votre conception et résistez à la tentation de rajouter à votre module des fioritures non essentielles.

Vous pouvez en apprendre plus sur les principes de Mayer en lisant nos autres articles :

Vous souhaitez aller plus loin ? Procurez-vous un exemplaire de ce livre (en anglais): E-Learning and the Science of Instruction: Proven Guidelines for Consumers and Designers of Multimedia Learning.

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Bibliographie :

  1. Ruth C. Clark et Richard E. Mayer, E-Learning and the Science of Instruction, 2e édition (Pfeiffer, San Francisco, 2007).
  2. Garner, Ruth, Mark G. Gillingham, and C. Stephen White. « Effects of’ seductive details’ on macroprocessing and microprocessing in adults and children. » Cognition and Instruction 6.1 (1989), pp. 41-57.
  3. Harp, Shannon F., and Richard E. Mayer. « How seductive details do their damage: A theory of cognitive interest in science learning. » Journal of Educational Psychology 90.3 (1998), p. 414.
  4. Mayer, R. E., J. Heiser, and S. Lonn. « Cognitive constraints on multimedia learning: When presenting more material results in less understanding. » Journal of Educational Psychology 93 (2001), pp. 187–198.
  5. Moreno, R. and R. E. Mayer. « A coherence effect in multimedia learning: The case for minimizing irrelevant sounds in the design of multimedia instructional messages. » Journal of Educational Psychology 97 (2000), pp. 117-125.
Community Manager International chez Articulate et experte e-learning passionnée possédant des années d’expérience dans la création de modules e-learning efficaces.

3 commentaires

  1. Pascal ll y a 2 mois

    Très intéressant. Effectivement, soit il est tentant d’en faire trop (rajouter de la gamification non définie par un problème, des dispositifs interactifs à outrance) ou trop peu (comme le slide de texte avec la fleur en illustration, grand classique du copier/coller du manuel.)

    La question est toujours de se demander comment ce qu’il y a l’écran sert le propos. Malheureusement, il n’y a pas de recette universelle.

    Ce que je trouve aussi plus intéressant sur le deuxième slide, c’est la disposition dans l’espace des éléments qui correspond plus à la façon dont le cerveau cherche l’information.

    Maintenant, il faut bien reconnaître que nous n’avons pas toujours les assets que l’on aimerait et il faut parfois « faire avec ».

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